Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est lui donner la place qui lui revient dans notre vie. C’est lui offrir notre cœur, notre être profond

Homélie 29° Dimanche — A
Abbé Paul, curé de la Paroisse Ste Gertrude
Frères et sœurs, comme on vient de l’entendre, Dieu n’est pas indifférent à notre histoire ! En effet, la libération des Juifs passera par l’action de Cyrus : « Je t’ai rendu puissant (…) pour que l’on sache, de l’Orient à l’Occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. » Ainsi, un roi païen est le bras de Dieu dans l’histoire ! Et ce n’est pas rien pour un peuple de croyants que de le reconnaître ! Cyrus va triompher grâce à la puissance de Dieu et l’avancée foudroyante de ce roi sera un signe pour tous.
Au point que le chant du psaume invite à louer le Seigneur ! Et qui invite-t-il ? Israël et les nations ! « Rendez au Seigneur la gloire et la puissance… Allez dire aux nations : Le Seigneur est roi ! » Il gouverne les peuples avec droiture ».
Nous avons entendu comment Paul félicite les Thessaloniciens de leur comportement ! Il leur dit : « Vous avez été choisis par Dieu. » Sans prétendre que notre comportement soit exemplaire, nous devons prendre conscience que, nous aussi, si nous sommes là, rassemblés, dans la prière, autour de cet autel, c’est que nous avons été « choisis par Dieu ». À ce titre, il nous faut lui rendre son image qui est en nous. La question est de savoir comment nous y prendre pour cela. St Paul nous dit : en ayant « une foi active », une « charité qui se donne de la peine » et « une espérance qui tient bon en notre Seigneur Jésus-Christ ». Tout ceci résonne, en ce dimanche qui clôture la Semaine Missionnaire Mondiale, comme un envoi en mission, un envoi qui nous engage à la suite du Christ.
Puisque l’annonce de l’Évangile ne doit pas rester lettre morte en nous ; elle doit devenir, grâce à l’Esprit Saint, une véritable puissance de vie pour notre monde. Encore nous faut-il traduire cela dans nos gestes du quotidien.
Dans l’Évangile, nous venons d’entendre comment les pharisiens tendent un piège à Jésus. Ils commencent leur propos par le flatter : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité… Alors, donne-nous ton avis : est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » C’est une question piège. S’il répond « oui », on l’accusera d’encourager la collaboration avec les Romains.
S’il répond « non », les partisans d’Hérode le dénonceront comme rebelle incitant à la révolte contre les Romains.
Nous avons entendu la réaction de Jésus les traitant d’hypocrites, puisqu’ils cherchent à le piéger. En effet, ils l’interrogent sur le rapport du croyant à l’autorité politique, la délicate question de l’impôt romain. Piège que Jésus déjoue habilement : ce qui est à l’effigie de César lui revient, mais la liberté de l’homme, créé à l’image de Dieu, revient à Dieu.
Frères et sœurs, rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est lui donner la place qui lui revient dans notre vie. C’est lui offrir notre cœur, notre être profond. C’est nous abandonner entre ses mains ; c’est lui donner un peu de notre temps en lui offrant toute notre vie. Telle est notre mission à toutes et tous, la mission de tout baptisé. Amen.






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