Invités au festin des noces

Homélie 28° Dimanche - A
Abbé Paul, curé de la Paroisse Ste Gertrude
Frères et sœurs,
Comme nous venons de l'entendre, la liturgie de la Parole nous place au cœur d'une grande promesse : Dieu prépare pour l'humanité un festin, un banquet où il veut rassembler tous ses enfants. Déjà, le prophète Isaïe annonçait ce jour merveilleux.
"Le Seigneur de l'univers préparera pour tous les peuples un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. " Ce langage imagé dit la joie, la communion, la vie en plénitude que Dieu veut offrir.
Dans l'Évangile, Jésus reprend cette image, mais il l'élargit encore : ce n'est plus seulement un repas, c'est un banquet de noces, les noces du Fils du Roi. Autrement dit : Dieu nous invite à entrer dans une alliance d'amour, une communion profonde avec son Fils. Mais voilà : beaucoup refusent la main tendue. Les invités trouvent des excuses, se détournent, préfèrent leurs affaires. Le Roi, lui, ne se résigne pas. Il ouvre grandement les portes de sa maison :" Allez aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce, oui le Royaume est offert à tous, sans distinction, sans privilège.
Cependant, l'Évangile nous rappelle une exigence : le vêtement des noces. Un détail qui surprend. Pourquoi ce roi, si généreux, rejette-t-il celui qui n'a pas le vêtement requis ? Parce que l'invitation de Dieu n'est pas une formalité. Elle demande un réel engagement, une transformation intérieure, une conversion du cœur. Entrer dans le Royaume, ce n'est pas seulement accepter une place à table : c'est se laisser renouveler par la miséricorde du Christ.
Frères et sœurs, ce vêtement des noces, ce n'est, donc, pas une tenue extérieure. C'est le Christ lui-même. C'est la grâce de notre baptême. C'est la miséricorde qui nous relève. C'est la vie de l'Évangile que nous choisissons de mener. Saint Paul nous le dit avec force : "Revêtez le Christ." Mais pour être revêtu de lui, il faut d'abord reconnaître notre pauvreté, notre misère, notre incapacité à être "dignes" par nous-mêmes. Le vêtement des noces n'est pas quelque chose que nous fabriquons : c'est un don que nous recevons.
À chaque Eucharistie, nous faisons ce geste humble : nous tendons nos mains vers le Seigneur en lui disant :"Seigneur, je ne suis pas digne, mais dis seulement une parole..." Cette parole, c'est sa miséricorde. Ce geste, c'est notre désir d'être transformés. Cette table, c'est déjà le festin du Royaume.
Frères et sœurs, Dieu veut nous voir entrer dans sa joie. Il veut des cœurs ouverts, disponibles, prêts à se laisser renouveler. Il nous invite, aujourd'hui encore, à laisser tomber nos excuses, nos peurs, nos résistances. Il nous appelle à revêtir le Christ, pour prendre place au banquet qu'il prépare pour tous les peuples.
Que cette Eucharistie ravive en nous le désir de répondre à son invitation, et qu'elle nous donne le vêtement des noces, c'est-à-dire, un cœur renouvelé par sa miséricorde. Amen.






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