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Mon ami, où est ton vêtement de noce ?

il y a 9 heures
2 min de lecture

Commentaire de l’Évangile de ce dimanche 11 octobre

par Marie-Thérèse Hautier


Il est des paraboles que l’on retrouve avec joie au fil de l’année liturgique ; nous les connaissons bien : le fils prodigue, la brebis perdue, le pharisien et le publicain, voilà des histoires qui réconfortent, car elles montrent l’amour de Dieu pour chacun.e, sans jugement. Elles (re)donnent confiance et de l’élan dans la vie.

Aujourd’hui nous est présentée une parabole bien plus difficile à entendre, car elle dérange et nous choque par sa violence. Et pourtant, tout avait bien commencé. Un mariage, n’est-ce pas quelque chose de réjouissant, qui rassemble famille et amis ? Avec, en amont, toute une préparation : le choix d’une salle, les préparatifs d’un repas, les attentions particulières pour les invités… Mais voilà que tout ne se passe pas comme prévu. L’invitation lancée reçoit d’abord un manque d’intérêt, ensuite un refus, et les messagers sont même assassinés. Ce qui provoque la colère du roi et une réaction violente de destruction. 

Deux éléments sont importants pour tenter de comprendre ce récit. Tout d’abord, avançant dans l’évangile de Matthieu, nous sommes au chapitre 22. C’est assez loin dans l’évangile pour avoir vu les tensions se préciser et se durcir face à Jésus. La question essentielle qui se joue est la reconnaissance du Christ, fils de Dieu, ou pas. Autrement dit, l’adhésion ou le rejet du Royaume de Dieu. 

Le passage de dimanche dernier (Mt 21,33- 46) raconte une autre parabole, celle des vignerons homicides, où il est question du fils qui est tué. Ce qui engendre encore de la violence : « Il fera périr misérablement ces misérables. » Les tensions et les oppositions se crispent et se durcissent. 

Pour saisir le sens d’une parabole, il faut bien voir à qui Jésus s’adresse. Ses interlocuteurs sont ici les grands prêtres et les pharisiens. Les responsables religieux refusent le message de Jésus, et juste avant notre parabole de ce jour, ils cherchent à l’arrêter. Il constitue à leurs yeux une menace, il faut l’empêcher de continuer. 

Ils sont invités, mais refusent cette invitation, n’en tiennent aucun compte, et même maltraitent et tuent ses serviteurs. Le message est clair pour les disciples du temps de Matthieu, car, eux aussi, souffrent la persécution et la violence. Que faire alors ? Partir ailleurs, à la croisée des chemins, pour en inviter d’autres. C’est ainsi que se propagera effectivement l’Évangile, par ses serviteurs qui partiront, fuyant la persécution. L’invitation est alors ouverte aux autres, à tous. C’est ce qu’Isaïe annonçait (Is 25,6-10a - 1ère lecture) : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin. » 

Alors, tout est bien qui finit bien ? Pas tout à fait… il y a l’histoire de cet homme qui n’a pas le vêtement de noce et se fait jeter dehors. Quel serait alors ce vêtement ? S’agit-il de revêtir le Christ ou de s’habiller de bonnes actions ? Ce n’est en tout cas pas seulement une question de « dress code » non respecté. C’est surtout une fermeture, un non-dialogue : c’est dans le silence que cet homme se mure. Pourquoi ne dit-il rien ? 

Voilà une parabole bien dérangeante. Dans quelle mesure va-t-elle nous déplacer ? 

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