Mystères lumineux
L’institution de l’Eucharistie
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Fruit du mystère :
La pratique des sacrements
«Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: "Prenez, mangez: ceci est mon corps"» (Mt 26, 26).
Méditation
Avec la petite Thérèse
L’Eucharistie est l’un des thèmes les plus présents chez Thérèse. Elle traverse toute sa vie, de sa première communion jusqu’à sa maladie, et elle en parle avec une liberté et une tendresse qui étonnaient à son époque.
La première communion : « une fusion »
Thérèse fait sa première communion le 8 mai 1884, chez les Bénédictines de Lisieux. Dans le Manuscrit A, elle la décrit comme le premier « baiser de Jésus » à son âme, un baiser d’amour. Elle ajoute qu’il ne s’agissait plus d’un simple regard échangé, mais d’une fusion : elle n’était plus deux, Thérèse avait disparu comme une goutte d’eau perdue dans l’océan. Ce mot de fusion dit l’essentiel de ce qu’elle cherche dans l’Eucharistie : non une dévotion, mais une union.
Un autre Ciel : l’âme
À son époque, on communiait rarement, et seulement avec la permission du confesseur. Thérèse en souffrait. Elle répond par une phrase devenue célèbre, dans le Manuscrit A : ce n’est pas pour rester dans le ciboire d’or que Jésus descend chaque jour du Ciel, c’est pour trouver un autre Ciel, qui lui est infiniment plus cher, le Ciel de notre âme. Pour elle, la communion n’est pas d’abord un honneur fait à l’homme, c’est un désir de Jésus. Le pape Pie X encouragera la communion fréquente en 1905, quelques années après sa mort, dans le sens de ce qu’elle avait pressenti.
« Restez en moi comme au tabernacle »
Dans l’Acte d’offrande à l’Amour miséricordieux (1895), elle reconnaît qu’elle ne peut pas communier aussi souvent qu’elle le voudrait. Elle s’adresse alors à Jésus : n’est-il pas tout-puissant ? Qu’il reste en elle comme au tabernacle, sans jamais s’éloigner. L’Eucharistie devient une présence continue, au-delà de l’instant de la communion.
La pauvreté de l’action de grâces
Thérèse avoue avec simplicité qu’elle n’éprouve souvent aucune consolation après la communion, et qu’il lui arrive même de s’endormir pendant l’oraison. Elle ne s’en inquiète pas. Elle imagine plutôt son âme comme un pauvre terrain : elle prie Marie d’en ôter les décombres et invite les anges à chanter à sa place, pour que Jésus soit bien accueilli. C’est la petite voie appliquée à l’Eucharistie : offrir sa pauvreté et laisser Dieu et les saints combler le manque.
Avec Marie
Dans Pourquoi je t’aime, ô Marie !, Thérèse écrit que, lorsque l’hostie entre dans son cœur, Jésus croit reposer en Marie, puisque les trésors d’une mère appartiennent à son enfant. Elle se présente à la communion revêtue des vertus de Marie, comme un enfant qui n’a rien à lui, mais tout reçu de sa mère.
Sacristine
Au Carmel, Thérèse a été chargée de la sacristie. Elle préparait les vases sacrés et les linges de l’autel avec une joie profonde, émue de toucher ce qui allait porter le corps du Christ. Dans le poème Mes désirs auprès de Jésus caché dans sa prison d’amour (PN 25), elle voudrait être la clé du tabernacle, la lampe du sanctuaire, la patène, l’épi de blé et le raisin : tout ce qui touche l’Eucharistie de près.
Privée de communion
Pendant sa dernière maladie, à l’été 1897, elle doit renoncer à communier en raison de son état. Elle reçoit sa dernière communion en août. Elle accepte cette privation dans le même abandon que le reste. Le désir de l’Eucharistie, offert, devient lui-même une communion.
La fresque de Fra Angelico, où le Christ se lève pour aller vers chacun, correspond bien à cette vision thérésienne : c’est Jésus qui désire venir, avant même que nous le désirions.
Notre Père,
10 Je vous salue, Marie (en méditant le mystère),
Gloire au Père.

