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4 août 2024

Année B

18e dimanche du temps ordinaire

« Moi, je suis le pain de la vie. 

Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; 

celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Jean 6, 35

Lectio Divina

Prière universelle

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Méditation

Lieu de mort, pain de vie

Christelle Javary 

in Magnificat

Délivré des Égyptiens, mais prisonnier d’un lieu de désolation, le peuple d’Israël est à bout. Dans son cœur grandit le soupçon, le contraire de la confiance : au lieu de nous sauver, Dieu veut nous faire mourir. C’est comme le sifflement pernicieux du serpent de la Genèse. La réponse de Dieu consiste à donner de quoi vivre, fût-ce sous une forme inattendue. Qu’est-ce que c’est ? s’exclament les bénéficiaires devant cette étrange nourriture qui a plu du ciel. La manne au désert, ce n’est pas la livraison du supermarché local, ni le buffet de petits fours auquel on grappille négligemment, une coupe de champagne à la main… C’est la ration de survie, c’est le pain de munition du soldat. C’est tout simplement une question de vie ou de mort.

Histoire ancienne, pensera-t-on peut-être ? Non, malheureusement. Le 3 septembre 2023, le président des Restos du cœur lançait un cri d’alarme, la survie même de son association étant menacée. De plus en plus de demandeurs étranglés par l’inflation, des produits alimentaires de plus en plus chers, des dons en baisse : l’équation est redoutable. Seule « solution » ? Réduire le nombre de bénéficiaires, diminuer les quantités distribuées. Pour les bénévoles, quel crève-cœur d’écarter la maman seule avec son enfant ou le retraité qui se prive déjà de tout… Frigo vide pour les uns, abondance pour les autres. « Qu’est-ce que c’est » qu’une telle société ?

Du pain pour toutes nos faims

Quand Dieu donne, il ne fait pas l’aumône en jetant quelques miettes du haut du ciel. Quand Dieu donne, il se donne. Il vient établir avec sa créature un lien de confiance et d’amour. Il ne remplit pas des ventres, il nourrit les personnes dans toutes leurs faims : faim de dignité, de paix, de miséricorde. C’est bien ainsi qu’agit Jésus, le Fils bien-aimé du Père. « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim. » Si indispensable que soit le pain de la terre, il ne suffit pas à rassasier l’être humain. Quand Jésus multiplie les pains pour nourrir la foule, il ne faut pas y voir une aubaine mais un signe. Le don révèle le donateur et appelle à croire en lui. Cela suppose parfois de réviser quelques évidences. Familiers de l’histoire sainte, les interlocuteurs de Jésus ne manquent pas de lui citer le don de la manne au désert, mais l’enjeu est d’entrer dans une autre compréhension du célèbre épisode. C’est pourquoi saint Paul recommande aux chrétiens d’Éphèse de se défaire de [leur] conduite d’autrefois pour se laisser renouveler par Dieu. Entrer dans un nouveau chemin, se laisser conduire, accepter de ne pas tout maîtriser. Tant mieux si l’âpreté du désert a raison de certaines de nos certitudes et nous ouvre à un humble questionnement : « Qu’est-ce que c’est ? »

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