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Année A

24 mai 2026

Sur cette page, vous trouverez :

  • Les lectures de la Messe, la feuille de Messe avec le choix des chants

  • Une proposition de prière universelle à télécharger, en format PDF​ et en format Word modifiable

  • Une méditation sur l'Evangile du dimanche, un texte spirituel et un commentaire de Marie-Noëlle Thabut

Pentecôte

Solennité

Journée de prière pour l’Église de Chine

Fresque de la Pentecôte dans l'église Chiesa dei santi Nereo e Achileo, par Vanni Rossi (1947). 


« De même que le Père m’a envoyé, 

moi aussi je vous envoie : 

recevez l’Esprit Saint »

Jean 20, 21:22

Lectures de la Messe

Feuille de Messe


Prière universelle


Consultez la page Lectio Divina qui invite à lire l'Évangile dans un climat de prière afin d'être touché dans son cœur. Il est important de ne pas se précipiter pour lire des commentaires, des homélies avant de faire cette expérience personnelle de rencontre avec le Christ dans l'Écriture.
Ensuite, vous pouvez, si vous le souhaitez, lire les méditations ci-dessous qui enrichiront votre lecture personnelle et votre méditation. 

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Aujourd’hui, le Seigneur ressuscité apparaît aux disciples, qui l’avaient abandonné, et leur offre sa miséricorde, en montrant ses plaies. Les paroles qu’il leur adresse sont rythmées par une salutation, qui apparaît trois fois de suite dans l’Évangile d’aujourd’hui : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19.21.26). La paix soit avec vous ! C’est la salutation du Ressuscité, qui vient à la rencontre de toute faiblesse et erreur humaine. Suivons donc les trois « la paix soit avec vous ! » de Jésus : nous y découvrirons trois actions de la miséricorde divine en nous. Celle-ci donne, avant tout, la joie ; ensuite elle suscite le pardon ; enfin elle console dans la peine.

1. En premier lieu, la miséricorde de Dieu donne la joie, une joie spéciale, la joie de se sentir pardonné gratuitement. Quand, le soir de Pâques, les disciples voient Jésus et l’entendent pour la première fois leur dire « la paix soit avec vous ! » ils sont remplis de joie (cf. v. 20). Ils s’étaient enfermés dans la maison par crainte ; mais ils étaient aussi enfermés en eux-mêmes, abattus par un sentiment d’échec. Ils étaient des disciples qui avaient abandonné le Maître : au moment de son arrestation, ils s’étaient enfuis. Pierre l’avait même renié trois fois et un de leur groupe — l’un d’entre eux, vraiment ! — avait été le traître. Il y avait bien des raisons de se sentir non seulement effrayés, mais ratés, vauriens. Par le passé, ils avaient certes fait des choix courageux, ils avaient suivi le Maître avec enthousiasme, engagement et générosité, mais à la fin tout s’était effondré ; la peur avait prévalu et ils avaient commis le grand péché : laisser Jésus seul au moment le plus tragique. Avant la Pâques, ils pensaient qu’ils étaient faits pour de grandes choses, ils discutaient à propos de celui qui était le plus grand parmi eux, etc..  Maintenant, ils touchent le fond.

C’est dans ce climat que survient le premier « la paix soit avec vous ! » Les disciples auraient dû éprouver de la honte, mais au contraire, ils se réjouissent. Qui les comprend…Pourquoi ? Parce que ce visage, cette salutation, ces paroles déplacent leur attention d’eux-mêmes vers Jésus. En effet, « les disciples furent remplis de joie — précise le texte — en voyant le Seigneur » (v. 20). Ils sont détournés d’eux-mêmes et de leurs propres échecs et ils sont attirés par son regard, où ne se trouve aucune sévérité, mais la miséricorde. Le Christ ne les réprouve pas pour le passé, mais il leur donne la bienveillance de toujours. Et cela les ranime, répand dans leurs cœurs la paix perdue, fait d’eux des hommes nouveaux, purifiés par un pardon donné sans calculs, un pardon donné sans mérites.

Telle est la joie de Jésus, la joie que nous avons éprouvée nous aussi en faisant l’expérience de son pardon. Il nous est arrivé de ressembler aux disciples de Pâques : après une chute, un péché, un échec. Dans ces moments, il semble qu’il n’y ait plus rien à faire. Mais c’est là précisément que le Seigneur fait tout pour nous donner sa paix : à travers une Confession, les paroles d’une personne qui se fait proche, une consolation intérieure de l’Esprit, un événement inattendu et surprenant… De diverses manières, Dieu prend soin de nous faire sentir l’étreinte de sa miséricorde, une joie qui naît de la réception « du pardon et de la paix ». Oui, la joie de Dieu est une joie qui naît du pardon et qui laisse la paix. C’est ainsi : elle naît du pardon et laisse la paix ; une joie qui relève sans humilier, comme si le Seigneur ne comprenait pas ce qui se passe. Frères et sœurs, rappelons-nous le pardon et la paix reçus de Jésus. Chacun de nous les a reçus ; chacun de nous en a l’expérience. Rappelons-nous un peu, ça nous fera du bien ! Mettons le souvenir de l’étreinte et des caresses de Dieu avant celui de nos erreurs et de nos chutes. Ainsi, nous alimenterons la joie. Car pour celui qui fait l’expérience de la joie de Dieu, rien ne peut plus être comme avant ! Cette joie nous change.

2. « La paix soit avec vous ! » Le Seigneur le dit une seconde fois, en ajoutant : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie »        (v. 21). Et il donne aux disciples l’Esprit Saint pour faire d’eux des artisans de réconciliation : « À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis » (v. 23). Non seulement ils reçoivent miséricorde, mais ils deviennent dispensateurs de cette même miséricorde qu’ils ont reçue. Ils reçoivent ce pouvoir, mais pas à cause de leurs mérites, de leurs études, non : c’est un pur don de grâce, mais qui repose sur leur expérience d’hommes pardonnés. Et je m’adresse à vous, missionnaires de la Miséricorde : si chacun de vous ne se sent pas pardonné, qu’il s’arrête et ne devienne pas missionnaire de la Miséricorde, jusqu’au moment où il se sentira pardonné. Et de cette miséricorde reçue vous serez capables de donner tant de miséricorde, donner tant de pardon. Et dans l’Église, aujourd’hui et toujours, le pardon doit ainsi nous rejoindre, à travers l’humble bonté d’un confesseur miséricordieux, qui sait qu’il n’est pas le détenteur d’un pouvoir quelconque, mais un canal de miséricorde, qui déverse sur les autres le pardon dont il a bénéficié le premier. Et de là vient ce pardon de tout, parce que Dieu pardonne tout, tout et toujours. Nous sommes ceux qui en ont assez de demander pardon, mais Il pardonne toujours. Et vous devrez être des canaux de ce pardon, à travers votre expérience d’être pardonné. Il ne faut pas torturer les fidèles qui viennent avec des péchés, mais comprendre ce que c’est, écouter et pardonner et donner un bon conseil aidant à avancer. Dieu pardonne tout : il ne faut pas fermer cette porte…

« À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ». Ces paroles sont à l’origine du sacrement de la Réconciliation, mais pas seulement. Jésus a fait de toute l’Église une communauté dispensatrice de miséricorde, un signe et un instrument de réconciliation pour l’humanité. Frères, sœurs, chacun de nous a reçu, dans le Baptême, l’Esprit Saint pour être homme et femme de réconciliation. Quand nous faisons l’expérience de la joie d’être libérés du poids de nos péchés, de nos échecs ; quand nous savons personnellement ce que signifie renaître, après une expérience qui semblait sans issue, alors il faut partager le pain de la miséricorde avec ceux qui sont à côté de nous. Sentons-nous appelés à cela. Et demandons-nous : moi, ici où je vis, moi, en famille, moi, au travail, dans ma communauté, est-ce que je promeus la communion, suis-je un tisseur de réconciliation ? Est-ce que je m’engage à désamorcer les conflits, afin d’apporter le pardon là où il y a la haine, la paix là où il y a de la rancœur ? Ou est-ce que je tombe dans le monde du bavardage, qui tue toujours ? Jésus cherche, en nous, des témoins devant le monde de ces paroles : La paix soit avec vous ! J’ai reçu la paix : je la donne à l’autre.

3. Le Seigneur répète pour la troisième fois « La paix soit avec vous ! », quand il réapparaît huit jours plus tard aux disciples, pour confirmer la foi difficile de Thomas. Thomas veut voir et toucher. Et le Seigneur ne se scandalise pas de son incrédulité, mais il vient à sa rencontre : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains » (v. 27). Ce ne sont pas des paroles de défi, mais de miséricorde. Jésus comprend la difficulté de Thomas : il ne le traite pas avec dureté et l’apôtre est secoué au-dedans de lui-même par tant de bienveillance. Et c’est ainsi que, d’incroyant il devient croyant, et il fait la confession de foi la plus simple et la plus belle : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (v. 28). C’est une belle invocation, nous pouvons la faire nôtre et la répéter au cours de la journée, surtout lorsque nous faisons l’expérience de doutes et d’obscurité, comme Thomas.

Parce que se trouve en Thomas l’histoire de chaque croyant, de chacun de nous, de chaque croyant : il y a des moments difficiles, où la vie semble démentir la foi, où nous sommes en crise et où nous avons besoin de toucher et de voir. Mais, comme Thomas, c’est précisément ici que nous redécouvrons le cœur du Seigneur, sa miséricorde. Dans ces situations, Jésus ne vient pas vers nous de manière triomphante et avec des preuves écrasantes, il n’accomplit pas de miracles éclatants, mais il offre des signes chaleureux de miséricorde. Il nous console avec le même style que celui de l’Évangile d’aujourd’hui : en nous offrant ses plaies. N’oublions pas ceci : face aux péchés, au pire péché, le nôtre ou celui des autres, il y a toujours la présence du Seigneur qui offre ses plaies. Ne l’oubliez pas. Et dans notre ministère de confesseurs, nous devons montrer aux gens que devant leurs péchés il y a les plaies du Seigneur, qui sont plus puissantes que le péché.

Et il nous fait découvrir aussi les plaies de nos frères et sœurs. Oui, la miséricorde de Dieu, dans nos crises et dans nos peines, nous met souvent en contact avec les souffrances du prochain. Nous pensions que nous étions au sommet de la souffrance, au sommet d’une situation difficile, et nous découvrons ici, tout en restant silencieux, qu’il y a quelqu’un qui traverse des moments, de périodes pires. Et, si nous prenons soin des plaies du prochain et si nous y déversons la miséricorde, une espérance nouvelle, qui console dans la peine, renaît en nous. Demandons-nous alors si, en ces derniers temps, nous avons touché les plaies de quelqu’un qui souffre dans son corps ou dans son esprit ; si nous avons apporté la paix à un corps blessé ou à un esprit brisé ; si nous avons pris un peu de temps pour écouter, pour accompagner, pour consoler. Quand nous le faisons, nous rencontrons Jésus qui, avec des yeux de celui qui est éprouvé par la vie, nous regarde avec miséricorde et dit : La paix soit avec vous ! Et j’aime penser à la présence de la Vierge parmi les Apôtres, là, et comment après la Pentecôte nous l’avons pensée comme Mère de l’Église : j’aime beaucoup penser à elle le lundi, après le dimanche de la Miséricorde, comme Mère de la Miséricorde : qu’elle nous aide à avancer dans notre si beau ministère.

AR DE — ENES — FRIT — PLPT

MESSE DE LA DIVINE MISÉRICORDE

Basilique Saint-Pierre

IIe Dimanche de Pâques, 24 avril 2022

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Homélie

Puiser à la source


Cinquante jours après Pâques, nous voici parvenus à la fête chrétienne de la Pentecôte. En ce dimanche, nous arrivons à la fin du temps pascal. Tout au long de cette période, nous avons fêté le Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Le jour de l’Ascension, il s’est manifesté une dernière fois aux onze disciples. Le livre des Actes des apôtres (1ère lecture) nous dit qu’il « s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ».

Ce récit de la 1ère lecture est à situer au cours de la Pentecôte juive. Ce jour-là, on était venu de partout pour fêter le don de la loi de Dieu à Moïse. Tous ces gens n’avaient certainement jamais entendu parler de Jésus de Nazareth. Ils étaient là pour renouveler l’alliance avec Dieu. Mais rien ne se passe comme prévu. Saint Luc nous parle d’un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent et aussi d’un feu qui se partageait en langues. C’est cela le don de l’Esprit Saint.

À ce moment-là, tout est changé dans le cœur des apôtres. Alors qu’ils étaient « confinés » dans la salle commune, ils se mettent à sortir. La peur qui les paralysait est emportée. Ils se mettent à proclamer les merveilles de Dieu devant ceux-là mêmes qui ont fait mourir le Christ sur la croix. La première de ces merveilles c’est l’annonce de Jésus mort et ressuscité. Et ce qui est extraordinaire, c’est que chacun les entend dans sa propre langue. C’est une manière de dire que l’Évangile est pour tous, quel que soit leur pays. Cette bonne nouvelle doit être proclamée dans le monde entier. C’est une manière de dire que « l’Église existe pour ceux qui n’y sont pas ».

Dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe (2ème lecture), Paul rappelle l’action de l’Esprit Saint à l’intérieur de la communauté. Le problème c’est qu’il y a des divisions entre chrétiens. C’est un contre-témoignage. L’apôtre intervient pour rappeler que toutes les considérations de hiérarchie ou de supériorité doivent être éradiquées ; le fait d’être juif ou païen, esclave ou homme libre, ça ne compte plus. Le racisme, l’exclusion, le cléricalisme n’ont plus leur place chez les chrétiens. Dans l’Église de Jésus Christ, on n’apprend plus à penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement ou d’honneur. Désormais, une seule chose compte : notre baptême dans l’unique Esprit. L’Église n’est pas une pyramide mais une foule serrée autour de Jésus Christ.

Dans sa lettre, saint Paul nous présente l’Église comme un corps. Le Christ en est la tête et nous sommes les membres. Chacun de nous est différent. Il faut voir l’Église comme une foule de toutes les couleurs. Les divers membres n’ont pas la même fonction. Cette diversité est un cadeau. Chaque membre est très important aux yeux de Dieu. Nous sommes appelés à vivre l’unité dans la diversité. Ce pari nous ne pourrons le gagner que parce que l’Esprit saint nous est donné.

L’Évangile nous présente l’envoi des disciples en mission au soir de Pâques : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Puis il « souffle » sur eux. C’est ainsi qu’ils reçoivent le Saint Esprit en vue de la mission qui leur est confiée. Désormais, ils devront partir pour annoncer à tous l’Évangile du Salut en Jésus Christ. Pour cette grande mission, ils ne sont pas seuls. L’Esprit Saint, le souffle de Dieu, les accompagnera et les précèdera. Il sera agissant dans le cœur de ceux qu’il mettra sur leur route.

Cette fête de la Pentecôte, c’est celle de l’Esprit Saint qui ne cesse de renouveler l’Église depuis vingt siècles. C’est ce même Esprit que nous sommes invités à accueillir dans notre vie. Pour cela, il nous faut nous ouvrir à ce don de Dieu. Nous savons bien que cela n’est pas facile. Il y a en nous des résistances qui cherchent à nous détourner de lui. Être sous l’emprise de l’Esprit c’est sentir en nous la présence de Dieu qui est source de paix et de joie intérieure. Le Christ nous libère en nous orientant vers Dieu.

Avec lui, nous pourrons nous imprégner de l’amour qui est en Dieu pour le communiquer à tous ceux qui nous entourent. Nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Le pape François nous disait que cette espérance doit être combative. La vie chrétienne est un combat contre nous-mêmes et bien souvent contre les idées à la mode. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine notre nuit.

À la suite des apôtres, l’Église est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette paix, ce n’est pas l’absence de conflit ; c’est d’abord la paix intérieure (l’apaisement), c’est la miséricorde, c’est Dieu lui-même. La Pentecôte, c’est l’Esprit Saint qui vient illuminer notre nuit. Prions-le pour qu’il soit toujours avec nous ; qu’il nous donne d’annoncer la bonne nouvelle avec un zèle que rien ne saurait intimider.

Comprendre les lectures

avec Marie-Noëlle THABUT



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