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Année A

11 janvier 2026

Sur cette page, vous trouverez :

  • Les lectures de la Messe, la feuille de Messe avec le choix des chants

  • Une proposition de prière universelle à télécharger, en format PDF​ et en format Word modifiable

  • Une méditation sur l'Evangile du dimanche, un texte spirituel et un commentaire de Marie-Noëlle Thabut

Baptême du Seigneur

Fête

Dès que Jésus fut baptisé,

il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui

Mt 3, 13-17

Lectures de la Messe

Feuille de Messe


Prière universelle


Consultez la page Lectio Divina qui invite à lire l'Évangile dans un climat de prière afin d'être touché dans son cœur. Il est important de ne pas se précipiter pour lire des commentaires, des homélies avant de faire cette expérience personnelle de rencontre avec le Christ dans l'Écriture.
Ensuite, vous pouvez, si vous le souhaitez, lire les méditations ci-dessous qui enrichiront votre lecture personnelle et votre méditation. 

Méditation du Pape François



Aujourd’hui, au terme du temps liturgique de Noël, nous célébrons la fête du Baptême du Seigneur. La Liturgie nous appelle à connaître plus pleinement Jésus dont nous venons de célébrer la naissance ; et pour cela l’Évangile (cf. Lc 3, 15-16.21-22) illustre deux éléments importants : la relation de Jésus avec le peuple et la relation de Jésus avec le Père.

Dans le récit du baptême, conféré par Jean-Baptiste à Jésus dans les eaux du Jourdain, nous voyons avant tout le rôle du peuple. Jésus est au milieu du peuple. Celui-ci ne sert pas seulement d’arrière-plan à la scène, mais ils est une composante essentielle de l’événement. Avant de s’immerger dans l’eau, Jésus s’« immerge » dans la foule, il s’unit à elle en assumant pleinement la condition humaine, en partageant tout, excepté le péché. Dans sa sainteté divine, pleine de grâce et de miséricorde, le Fils de Dieu s’est fait chair pour prendre sur lui et enlever le péché du monde : prendre nos misères, notre condition humaine. C’est pourquoi aujourd’hui aussi, c’est une épiphanie, car en allant se faire baptiser par Jean, au milieu des pénitents de son peuple, Jésus manifeste la logique et le sens de sa mission.

En s’unissant au peuple qui demande à Jean le Baptême de conversion, Jésus en partage également le désir profond de renouveau intérieur. Et l’Esprit Saint qui descend sur Lui « sous une forme corporelle, comme une colombe » (v. 22) est le signe qu’avec Jésus commence un nouveau monde, une « nouvelle création » dont font partie tous ceux qui accueillent le Christ dans leur vie. À chacun de nous aussi, qui sommes nés à nouveau avec le Christ dans le baptême, sont adressées ces paroles du Père : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (v. 22). Cet amour du Père, que nous avons tous reçu au jour de notre baptême, est une flamme qui a été allumée dans notre cœur, et qui demande d’être alimentée par la prière et la charité.

Le deuxième élément souligné par l’évangéliste Luc est qu’après l’immersion dans le peuple et dans les eaux du Jourdain, Jésus s’« immerge » dans la prière, c’est-à-dire dans la communion avec le Père. Le baptême est le commencement de la vie publique de Jésus, de sa mission dans le monde comme envoyé du Père pour manifester sa bonté et son amour pour les hommes. Cette mission est accomplie en union constante et parfaite avec le Père et avec l’Esprit Saint. La mission de l’Église et celle de chacun de nous aussi, pour être fidèles et fructueuses, sont appelées à « se greffer » sur celle de Jésus. Il s’agit de régénérer continuellement l’évangélisation et l’apostolat dans la prière, pour rendre un témoignage chrétien clair, non selon nos projets humains, mais selon le plan et le style de Dieu.

Chers frères et sœurs, la fête du Baptême du Seigneur est une occasion propice pour renouveler avec gratitude et conviction les promesses de notre baptême, en nous engageant à vivre quotidiennement en cohérence avec lui. Il est également très important, comme je vous l’ai dit à plusieurs reprises, de connaître la date de votre baptême. Je pourrais demander : « Qui parmi vous connaît la date de son baptême ? ». Pas tous, assurément. Si quelqu’un parmi vous ne la connaît pas, en rentrant chez lui, qu’il la demande à ses parents, à ses grands-parents, à ses oncles et tantes, à son parrain et sa marraine, aux amis de la famille… Qu’il demande : « À quelle date ai-je été baptisé, ai-je été baptisée ? ». Et puis ne l’oubliez pas : que ce soit une date conservée dans votre cœur, pour la fêter chaque année.

Que Jésus, qui nous a sauvés non pas pour nos mérites mais pour mettre en œuvre la bonté immense du Père, nous rende miséricordieux envers tous. Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, soit notre guide et notre modèle.


DEEN — ESFR — HRIT — PT

FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 13 janvier 2019

[Multimédia]

Homélie

Puiser à la source


Il y a une semaine, nous étions encore à Bethléem en compagnie des mages. Nous avons fêté dans la joie la naissance de Jésus puis sa manifestation au monde païen. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours de son baptême par Jean. C’est l’entrée de Jésus dans son ministère public.

Cet événement était annoncé au sixième siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, le peuple d’Israël se trouve en exil à Babylone ; le prophète Isaïe s’efforce de lui redonner du courage : il annonce le « serviteur » qui aura pour mission d’accomplir l’œuvre de salut de Dieu. La volonté de Dieu c’est de sauver toute l’humanité. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et qui rend la liberté aux opprimés. Il est surtout celui qui fait alliance avec son peuple.

C’est de cette espérance que doit témoigner le peuple que Dieu s’est choisi. Même s’il est ballotté par les grands empires du moment, rien ne doit l’arrêter. Il a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Il doit annoncer le message de Dieu « avec fermeté et douceur ». Aux yeux des hommes, cela peut paraître dérisoire. Mais Dieu est là. Il fait reposer son Esprit sur son serviteur. Ce dernier doit témoigner que Dieu est lumière et libération pour tous les hommes.

Le Nouveau Testament applique ce poème d’Isaïe à Jésus. C’est cette bonne nouvelle que proclame la voix venue du ciel. Jésus est vraiment ce serviteur non violent, plein de douceur et de discrétion. C’est lui que nous sommes invités à écouter et à suivre. Il se présente à nous comme la « lumière des nations ». Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour porter cette lumière au monde d’aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui veut mettre à distance la bonne nouvelle de l’Évangile. De nombreux pays sont guettés par la déchristianisation. Mais rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu.

La deuxième lecture est extraite du livre des Actes des Apôtres. Elle nous parle de l’Évangile « pour tous ». Il n’est pas seulement réservé à une élite de fervents. Il doit atteindre le monde entier. Il n’y a pas de borne au message de paix et de liberté que Dieu annonce par don Fils. Jésus Christ s’est fait le Seigneur de tous, y compris des païens. L’Esprit de Dieu nous précède dans leur cœur. C’est lui qui fait que la Parole de ses messagers porte du fruit. La Pentecôte en milieu païen continue tous les jours. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église.

L’Évangile nous rapporte l’événement du baptême de Jésus par Jean. C’est sa première manifestation publique. Il se mêle à la foule des pécheurs pour recevoir le baptême donné par Jean. Pourtant, il n’a pas de péchés à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de repentir. Ce baptême de Jésus n’était pas nécessaire pour lui. Mais il l’était pour nous. Si Jésus a choisi de recevoir ce baptême, c’est pour être immergé dans notre condition humaine très concrète. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui, car il veut nous en libérer. Il veut nous en libérer, car il veut que nous vivions heureux.

Cette fête du Seigneur nous annonce un autre baptême bien plus grand, celui que reçoivent les chrétiens. D’un côté, nous voyons Jésus qui entre dans l’eau boueuse du Jourdain et qui prend sur lui tous nos péchés. Avec le baptême chrétien, nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. C’est important pour nous : nous vivons dans un monde guetté par la haine et la violence. Tout cela, c’est un colis piégé dont il faut absolument se débarrasser. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour lui dire et lui montrer par toute notre vie que Dieu l’aime. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

Avec cette fête, nous entrons dans le temps ordinaire. C’est une période moins festive, mais elle reste importante. C’est là que nous aurons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Avec Jésus, nous sommes les acteurs d’un monde nouveau qui est déjà là, mais qu’il faut faire croître. Nous sommes appelés à agir à la manière du serviteur, porteur et dispensateur de l’amour de Dieu.

C’est en vue de cette mission que nous venons nous ressourcer à la table eucharistique. Le Christ est là pour nous communiquer sa vie. Il est le pain vivant sur nos chemins humains. Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur de ce don que tu nous fais. Donne-nous de nous plonger chaque jour dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Amen

Sources : Revues Feu Nouveau, L’Intelligence des Écritures (Narie Noëlle Thabut), Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)


Comprendre les lectures

avec Marie-Noëlle THABUT


Dimanche 11 janvier 2026

– Le Baptême du Seigneur –

Mt 3, 13-17 


L’Église nous propose de nous arrêter aujourd’hui sur le baptême de Jésus tel que Matthieu nous le relate. Au bord du Jourdain il y a une foule de personnes qui viennent se faire baptiser par Jean, « celui que désigne la parole prononcée par le prophète Isaïe : voix de celui qui crie dans le désert : "Préparez le chemin du Seigneur". » (Mt 3,3)

Les gens viennent, très nombreux, recevoir de Jean un baptême de conversion : la démarche est rude car Jean accomplit sa mission avec conviction, il ne fait pas dans la douceur : « Engeance de vipères ! » Il veut bien faire et sent que le pardon des péchés exige une repentance sincère et non un rituel extérieur. Puis il ajoute : « celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » (Mt 3,11)

Et voici que Jésus, dans la foule, vient à Jean pour demander à être baptisé, comme les autres dont il se fait pleinement solidaire. Et pourtant de quelle faute aurait-il à se repentir ? 

On imagine la stupeur, le désarroi, la déstabilisation terrible de Jean. Cette situation n’est pas convenable, ne coïncide pas avec l’idée qu’il s’était faite du Messie. Il se débat, argumente : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi. » Mais il se trompe en disant cela, car Jésus ne veut pas qu’on s’incline devant lui. Le comportement adapté, le comportement juste, c’est de faire corps avec ceux qui sont sans prétention et se tiennent à leur juste place devant l’Autre. « Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons parfaitement accomplir ce qui est juste. »

 Avec ce « nous », Jésus place Jean à égalité avec lui, pas de hiérarchie entre eux, pas de hiérarchie entre ceux qui font la volonté du Père.  L’Esprit Saint apparait sous forme d’une colombe, la voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. ». Le ministère public de Jésus est authentifié par le Dieu Père qui partage avec Jésus son Esprit, et le révèle en cet instant solennel placé sous le signe de la joie.

Ce qu’il a fallu de combat intérieur, de lâcher prise, de foi et d’accueil à l’imprévu de Dieu pour arriver à ce sobre : « Alors Jean le laisse faire. » Attitude exemplaire.

Dans nos vies d’aujourd’hui, où on cherche à tout maîtriser, emmenons avec nous cette interrogation dérangeante : et si bien faire était, dans certains cas, laisser à l’Esprit l’initiative de faire ?


Christine TASSET

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