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22 mars 2026
Sur cette page, vous trouverez :
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Les lectures de la Messe, la feuille de Messe avec le choix des chants
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Une proposition de prière universelle à télécharger, en format PDF et en format Word modifiable
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Une méditation sur l'Evangile du dimanche, un texte spirituel et un commentaire de Marie-Noëlle Thabut
5e Dimanche de Carême

Résurrection de Lazare, Giotto di Bondone (1306), fresque de La Chapelle des Scrovegni de Padoue, en Italie.
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Jean 11, 25-26
Lectures de la Messe
Feuille de Messe
Prière universelle
Consultez la page Lectio Divina qui invite à lire l'Évangile dans un climat de prière afin d'être touché dans son cœur. Il est important de ne pas se précipiter pour lire des commentaires, des homélies avant de faire cette expérience personnelle de rencontre avec le Christ dans l'Écriture.
Ensuite, vous pouvez, si vous le souhaitez, lire les méditations ci-dessous qui enrichiront votre lecture personnelle et votre méditation.
Méditation du Pape François
Aujourd’hui, cinquième dimanche de Carême, l’Évangile nous présente la résurrection de Lazare (cf. Jn 11, 1-45). C’est le dernier des miracles de Jésus racontés avant Pâques : la résurrection de son ami Lazare. Lazare est un ami proche de Jésus, qui sait qu’il est sur le point de mourir ; il se met en route, mais arrive chez lui quatre jours après l’enterrement, lorsque tout espoir est perdu. Sa présence ravive cependant un peu de confiance dans le cœur de ses sœurs Marthe et Marie (cf. vv. 22,27). Elles s’accrochent à cette lumière, à cette petite espérance, même dans la douleur. Et Jésus les invite à avoir la foi et leur demande d’ouvrir le tombeau. Puis il prie le Père et crie à Lazare : « Viens dehors ! » (v. 43). Ce dernier revient à la vie et sort. C’est le miracle, ainsi, simple.
Le message est clair : Jésus donne la vie même quand il semble n’y avoir plus d’espoir. Il arrive parfois que l’on se sente désespéré — cela est arrivé à tous — ou que l’on rencontre des personnes qui ont cessé d’espérer, qui sont amères pare qu’elles ont vécu des choses difficiles, leur cœur blessé ne peut plus espérer. À cause d’une perte douloureuse, d’une maladie, d’une déception amère, d’un tort ou d’une trahison subis, d’une erreur grave commise… Elles ont cessé d’espérer. Parfois, nous entendons des personnes dire : « Il n’y a plus rien à faire ! » et elles ferment la porte à toute espérance. Ce sont des moments où la vie ressemble à un tombeau fermé : tout est sombre, on ne voit autour de soi que tristesse et désespoir. Le miracle d’aujourd’hui nous dit que ce n’est pas le cas, que dans ces moments-là, nous ne sommes pas seuls, au contraire, c’est précisément dans ces moments-là qu’Il se fait plus proche que jamais pour nous redonner vie. Jésus pleure : l’Évangile dit que Jésus, devant le tombeau de Lazare, a pleuré, et aujourd’hui, Jésus pleure avec nous, comme il a pu pleurer pour Lazare : l’Évangile répète deux fois qu’il a été pris d’émotion (cf. v. 33.38) et souligne qu’il se mit à pleurer (cf. v. 35). Dans le même temps, Jésus nous invite à ne pas cesser de croire et d’espérer, à ne pas nous laisser écraser par des sentiments négatifs, qui ôtent les larmes. Il s’approche de nos tombeaux et nous dit, comme alors : « Enlevez la pierre » (v. 39). Dans ces moments, nous avons comme une pierre à l’intérieur et le seul capable de l’enlever est Jésus, avec ses paroles : « Enlevez la pierre ».
C’est ce que Jésus nous dit aussi à chacun de nous. Enlevez la pierre : la douleur, les erreurs, même les échecs, ne les cachez pas à l’intérieur, dans une pièce sombre, solitaire et fermée. Enlevez la pierre : sortez tout ce qu’il y a à l’intérieur, « Mais j’ai honte ». Jetez-le en moi avec confiance, dit le Seigneur, je ne me scandalise pas : jetez-le en moi sans crainte, parce que je suis avec vous, je vous aime et je veux que vous reveniez à la vie. Et, comme à Lazare, il répète à chacun de nous : Viens dehors ! Lève-toi, remets-toi sur le chemin, reprends confiance ! Combien de fois, dans la vie, nous sommes-nous retrouvés ainsi, dans cette situation de ne pas avoir la force de nous relever. Et Jésus dit : « Va, avance ! Je te prendrai par la main, dit Jésus, comme lorsque tu étais enfant, tu apprenais à faire ses premiers pas. Cher frère, chère sœur, enlève les bandelettes qui te lient (cf. v. 45), s’il te plaît, ne cède pas au pessimisme qui déprime, ne cède pas à la peur qui isole, ne cède pas au découragement provoqué par le souvenir des mauvaises expériences, ne cède à la peur qui paralyse. Jésus nous dit : « Je te veux libre, je te veux vivant, je ne t’abandonne pas et je suis avec toi ! Tout est obscur mais je suis avec toi ! Ne te laissez pas emprisonner par la douleur, ne laissez pas mourir l’espérance. Frère, sœur, reviens à la vie ! » — « Et comment puis-je le faire ? » — « Prends ma main. Laisse-toi sortir dehors : et Lui est capable de le faire. Dans ces mauvais moments qui nous arrivent à tous.
Chers frères et sœurs, ce passage du chapitre 11 de l’Évangile de Jean qu’il fait beaucoup de bien de lire, est un hymne à la vie, et nous le proclamons quand Pâques approche. Peut-être que nous aussi, en ce moment, nous portons dans notre cœur un fardeau ou une souffrance qui semble nous écraser ; quelque chose de mauvais, un vieux péché que nous n’arrivons pas à faire sortir, une erreur de jeunesse, on ne sait jamais. Ces choses mauvaises doivent ressortir. Et Jésus dit : « Viens dehors ! ». Alors, le moment est venu d’enlever la pierre et d’aller à la rencontre de Jésus, qui est proche. Parvenons-nous à lui ouvrir notre cœur et lui confier nos préoccupations ? Est-ce que nous le faisons ? Parvenons-nous à ouvrir le tombeau des problèmes, en sommes-nous capables, et regarder au-delà du seuil, vers sa lumière, ou avons-nous peur de cela ? Et à notre tour, en tant que petits miroirs de l’amour de Dieu, parvenons-nous à illuminer les milieux dans lesquels nous vivons avec des paroles et des gestes de vie ? Témoignons-nous de l’espérance et de la joie de Jésus ? Nous, pécheurs, tous ? Et encore, je voudrais dire un mot aux confesseurs : chers frères, n’oubliez pas que vous aussi vous êtes pécheurs, et vous êtes au confessionnel non pas pour torturer, mais pour pardonner, et pardonner tout, comme le Seigneur pardonne tout ; Que Marie, Mère de l’Espérance, renouvelle en nous la joie de ne pas nous sentir seuls et l’appel à apporter la lumière dans les ténèbres qui nous entourent.
AR — DE — EN — ES — FR — HR — IT — PL — PT
PAPE FRANÇOIS
ANGÉLUS
Place Saint-Pierre
Dimanche 26 mars 2023
Homélie
Puiser à la source
Nous approchons de la fin du Carême. Les textes bibliques de ce dimanche nous laissent entrevoir la joie de Pâques, la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à participer à cette victoire en nous engageant au service de la paix et de la vie. Comme chaque année, le CCFD nous appelle à lutter contre les souffrances et les inégalités qui marquent notre monde. Nous le voyons bien, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. L’actualité internationale est dominée par la violence, les conflits, la détresse de ceux qui fuient leur terre à la recherche d’un lieu de paix. Il est important d’être attentifs aux cris d’ici et de là-bas. Le CCFD-Terre Solidaire nous invite cette année à nous laisser toucher par les cris du monde et à les transformer en espérance partagée.
Pour ce combat, c’est vers le Seigneur que nous nous tournons. Les textes bibliques de ce dimanche voudraient nous y aider. Nous avons tout d’abord la première lecture qui nous ramène au quatrième siècle avant Jésus Christ. Le peuple d’Israël se trouve en grande détresse car il est déporté en terre d’exil. Mais le prophète Ézéchiel intervient pour raviver l’espérance des exilés. Dieu ouvrira le tombeau dans lequel ce peuple s’est englouti. Il le ramènera vers la terre d’Israël. Ce sera la victoire de la vie sur la mort. À travers ce texte biblique, nous avons déjà une approche de l’idée de résurrection.
Il y a un mot qui revient souvent dans l’Ancien Testament et dans l’Évangile : c’est le verbe « sortir ». Nous découvrons un Dieu qui fait « sortir » son peuple d’Égypte ; il lui annonce qu’il le fera sortir de ses tombeaux : « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez. » L’Évangile nous parle également d’un Dieu qui « sort ». Nous connaissons tous la parabole du semeur qui est sorti pour semer. Et nous n’oublions pas le maître qui sort pour embaucher jusqu’à la 11ème heure. Aujourd’hui, le CCFD nous invite à sortir de notre indifférence et de notre passivité. Comme au temps de Moïse, le Seigneur voit la misère de son peuple et il nous envoie pour le libérer de tout ce qui le détruit.
Dans la lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’Esprit qui nous fait sortir de l’emprise de la chair. Dans son langage, il s’agit des faiblesses de la condition humaine et du péché. Nous sommes appelés à vivre sous l’emprise de l’Esprit. À travers ce message, il nous revoie à la vie divine qui est semée en nous. Elle est le gage de notre résurrection. C’est la vie qui l’emporte sur la mort. Nous devenons de jour en jour plus attentifs, plus solidaires et généreux. Grâce à l’Esprit Saint, nous apprenons à ouvrir nos yeux, nos mains et notre cœur.
L’Évangile de ce dimanche nous fait assister à la sortie de Lazare de son tombeau. À travers ce geste extraordinaire, Jésus exprime pleinement son pouvoir sur la mort. Les disciples savent que cette montée vers Jérusalem est une marche vers la mort. Malgré leur incrédulité, il veut leur faire comprendre que cette route s’achèvera par la victoire de la vie.
De cet Évangile, nous devons surtout retenir la déclaration solennelle de Jésus : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Puis nous avons la réponse de Marthe : « Oui, Seigneur, je crois. » En lisant cet Évangile, nous prenons conscience d’une réalité importante : ce n’est pas seulement Lazare qu’il faut sortir de son tombeau ; c’est l’humanité tout entière qu’il faut délivrer de la mort. Nous sommes tous appelés à sortir de notre égoïsme, notre indifférence, notre péché. Comme pour Lazare, le Seigneur nous dit à tous : « Viens dehors ! »
Un simple retour à la vie ne fait que reculer l’échéance. Le Christ veut nous faire émerger à une autre vie. Il nous appelle à une vie nouvelle. Ce sera le triomphe de la vie sur la mort. C’est une vie qui ne passera pas. Mais avant toute chose, il nous faut entendre l’appel du Christ qui veut nous faire sortir de notre tombeau. Avec lui, c’est l’événement merveilleux de la victoire de la vie sur la mort. Nous sommes invités à vivre ce carême comme un passage vers une vie plus juste, plus solidaire, plus ouverte à Dieu et aux autres. Avec le Christ, nous pouvons toujours triompher de nos peurs et retrouver le courage et l’espérance de repartir en avant. C’est chaque jour qu’il nous faut ressusciter avec lui.
Aujourd’hui, le même Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Beaucoup de nos frères et sœurs sont un peu comme s’ils étaient enfermés dans des tombeaux. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ou malades. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.
Le CCFD Terre solidaire nous lance un appel à transformer la clameur du monde en espérance. Il n’est pas acceptable que des hommes, des femmes et des enfants restent enfermés dans leur précarité. Le Christ nous apprend à écouter et à nous laisser toucher par leur souffrance. Il nous invite à ouvrir notre cœur, nos yeux, nos oreilles et nos mains. Les bandelettes qui entourent Lazare sont le symbole de notre égoïsme, de notre froideur et de notre indifférence. C’est de cela que Jésus veut nous libérer.
En appelant Lazare à venir dehors, Jésus s’adresse aussi à tous les hommes. Il les appelle tous par leur nom. Avec lui, la mort ne peut avoir le dernier mot. Elle est devenue un passage, une porte vers l’éternité. En ce jour, nous faisons nôtre la profession de foi de Marthe: « Je crois, Seigneur ; tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde. »
Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier de Prions en Église, Homélies de l’année liturgique À (Simon Faivre) – Documents du CCFD
Comprendre les lectures
avec Marie-Noëlle THABUT
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