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3 mars 2024

Année B

3e dimanche de Carême

« Détruisez ce sanctuaire,

et en trois jours

je le relèverai. »

Jean 2, 19

Lectures de la Messe

Lectio Divina

Feuille de Messe

Année B 3ème dimanche de Carême 2024
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Prière universelle

B Carême 3e dimanche
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Méditation


Marchons dans le monde comme Jésus et faisons de toute notre existence un signe de son amour pour nos frères, particulièrement les plus faibles et les plus pauvres, construisons un temple à Dieu dans notre vie. Et ainsi nous le rendrons « rencontrable» pour les nombreuses personnes que nous trouvons sur notre chemin. Si nous sommes les témoins de ce Christ vivant, de nombreuses personnes rencontreront Jésus en nous, dans notre témoignage.

 

Mais - nous nous demandons, et chacun de nous peut se demander - : le Seigneur se sent-il vraiment chez lui dans ma vie ? Lui permettons-nous de faire «le ménage» dans notre cœur et de chasser les idoles, c'est-à-dire ces attitudes de convoitise, jalousie, mondanité, envie, haine, ces habitudes de bavarder et «d'écorcher» les autres ? Est-ce que je lui permets de nettoyer tous les comportements qui vont contre Dieu, contre le prochain et nous-mêmes, comme nous l'avons entendu aujourd'hui dans la première Lecture ? Chacun peut répondre en lui-même, en silence, dans son cœur. 

 

«Est-ce que je permets à Jésus de faire un peu le ménage dans mon cœur ?». «Oh, père, j'ai peur qu'il me donne des coups de bâtons!». Mais Jésus ne frappe jamais. Jésus fera du nettoyage avec tendresse, avec miséricorde, avec amour. La miséricorde est sa façon de nettoyer. Laissons - chacun de nous - laissons le Seigneur entrer avec sa miséricorde - pas avec le fouet, non, avec sa miséricorde - pour faire du ménage dans nos cœurs. Le «fouet» de Jésus vis-à-vis de nous est sa miséricorde. Ouvrons-lui la porte pour qu'il fasse un peu de ménage. Chaque Eucharistie que nous célébrons avec foi nous fait grandir en tant que temple vivant du Seigneur, grâce à la communion avec son Corps crucifié et ressuscité. Jésus connaît ce qu'il y a en chacun de nous, et il connaît aussi notre désir le plus ardent : celui d'être habités par lui et lui seul. Laissons-le entrer dans notre vie, dans notre famille, dans nos cœurs. Que la Très Sainte Vierge Marie, demeure privilégiée du Fils de Dieu, nous accompagne et nous soutienne durant l'itinéraire du Carême, afin que nous puissions découvrir la beauté de la rencontre avec le Christ, qui nous libère et nous sauve.

Pape François

Méditation pour le IIIe dimanche de Carême

8 mars  2015



Avoir le cœur pur...

— Sais tu, frère, ce qu'est la pureté du cœur ?

— C'est ne pas avoir de faute à se reprocher, répondit Léon sans hésiter.

— Alors, je comprends ta tristesse, dit François. Car on a toujours quelque chose à se reprocher.

— Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d'arriver un jour à la pureté du cœur.

— Ah ! frère Léon, crois moi, repartit François. Ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela même, petit frère, avoir le cœur pur. Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur, est encoure un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sa sainteté. (…) Mais la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude. Notre néant (…), s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne. Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme. Contempler la gloire de Dieu, (…) découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet amour que l’esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cœurs. C’est cela avoir le cœur pur. Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant. Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aigüe de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes. Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il abandonne tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu.

Eloi Leclerc o.f.m.

Sagesse d’un pauvre, DDB, 1991

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