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Savoir s'émerveiller de Dieu qui nous accompagne.



© Terre cuite Stéphane Terlinden

Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. L'Évangile nous les montre au temple de Jérusalem, pour la présentation de l'Enfant au Seigneur (cf. Lc 2, 22-40).

Elle arrive au temple et y apporte en cadeau la plus humble et la plus simple des offrandes, témoignant ainsi de sa pauvreté. Enfin, Marie reçoit une prophétie : "Un glaive te transpercera l'âme" (v. 35). Ils arrivent dans la pauvreté et repartent chargés de souffrances. C'est surprenant : comment se fait-il que la Famille de Jésus, la seule famille de l'histoire qui puisse se vanter de la présence de Dieu dans la chair, au lieu d'être riche, soit pauvre ! Au lieu d'être facilitée, elle semble entravée ! Au lieu d'être libérée du labeur, elle est plongée dans de grandes douleurs !

Qu'est-ce que cela dit à nos familles, cette façon de vivre, l'histoire de la Sainte Famille, pauvre, entravée, avec de grandes douleurs ? Elle nous dit quelque chose de très beau : Dieu, que nous imaginons souvent au-delà des problèmes, est venu habiter notre vie avec ses problèmes. Il nous a sauvés de cette manière (cf. Jn 1,14) : il n'est pas venu comme un adulte, mais comme un tout petit enfant ; il a vécu dans une famille, fils d'une mère et d'un père ; il y a passé la plus grande partie de son temps, grandissant, apprenant, dans une vie faite de quotidien, de clandestinité et de silence. Et il n'a pas évité les difficultés, au contraire, il a choisi une famille, une famille "expérimentée dans la souffrance", et il dit à nos familles : "Si vous vous trouvez en difficulté, je sais ce que vous ressentez, je l'ai vécu : ma mère, mon père et moi l'avons vécu ; dites-le aussi à votre famille : vous n'êtes pas seuls !

Joseph et Marie "s'étonnaient de ce qu'on disait de Jésus" (cf. Lc 2,33), parce qu'ils ne pensaient pas que le vieillard Siméon et la prophétesse Anne disaient ces choses. Ils étaient stupéfaits. Et je voudrais m'arrêter sur cela aujourd'hui : sur la capacité d'étonnement. La capacité d'étonnement est un secret pour bien s'entendre en famille. Ne pas s'habituer à la banalité des choses. Savoir d'abord s'émerveiller de Dieu qui nous accompagne. Et ensuite, s'émerveiller en famille. Je pense qu'il est bon dans le couple de savoir s'émerveiller de son conjoint, par exemple en le prenant par la main et en le regardant dans les yeux le soir pendant quelques instants, avec tendresse : l'émerveillement conduit à la tendresse, toujours. La tendresse dans le mariage, c'est beau. Et puis s'émerveiller du miracle de la vie, des enfants, trouver le temps de jouer avec eux et de les écouter. Je vous demande, pères et mères : trouvez-vous le temps de jouer avec vos enfants ? De les emmener en promenade ? Hier, j'ai entendu quelqu'un au téléphone et je lui ai demandé : "Où es-tu ?" - "Je suis sur la place, j'ai emmené mes enfants se promener". C'est ça la belle paternité et la belle maternité. Et puis, s'émerveiller de la sagesse des grands-parents. Bien souvent, nous excluons les grands-parents de la vie. Non, les grands-parents sont des sources de sagesse. Nous apprenons à nous émerveiller de la sagesse des grands-parents, de leur histoire. Des grands-parents qui ramènent la vie à l'essentiel. Et à s'émerveiller, enfin, de sa propre histoire d'amour - nous avons chacun la nôtre : le Seigneur nous a fait marcher dans l'amour, pour s'en émerveiller. Notre vie a certes des aspects négatifs, mais s'émerveiller aussi de la bonté de Dieu à marcher avec nous, même si nous sommes si inexpérimentés.

Que Marie, Reine de la famille, nous aide à nous émerveiller : demandons aujourd'hui la grâce de l'émerveillement. Que la Vierge nous aide à nous émerveiller chaque jour de ce qui est bon et à savoir enseigner aux autres la beauté de l'émerveillement.

PAPE FRANÇOIS

ANGÉLUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 31 décembre 2023

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